ES 20260809 geopolitique-tourisme

🇫🇷 Comment la géopolitique dessine désormais vos vacances en Espagne
🇬🇧 How Geopolitics Is Now Shaping Your Holiday in Spain


🇫🇷 Avant de réserver un billet, de plus en plus de voyageurs consultent — consciemment ou non — la carte des conflits mondiaux. Et l’Espagne en profite directement : sur la Costa Blanca, à Benidorm, Moraira ou Calpe, le profil des visiteurs a nettement changé ces dernières saisons, avec un afflux croissant de touristes polonais et d’autres nationalités frontalières de l’Ukraine, en contraste avec le déclin du marché russe, plombé par l’isolement diplomatique et les sanctions. Sept pays de l’UE ont d’ailleurs demandé à la Commission européenne des mesures spécifiques pour soutenir le tourisme dans les zones frontalières de l’Est, freiné par la proximité de la guerre.

L’Espagne, elle, continue d’attirer : deuxième pays le plus visité au monde derrière la France, avec près de 97 millions de visiteurs l’an dernier et une trajectoire qui pourrait franchir cette année la barre des 100 millions. Les tensions au Moyen-Orient jouent paradoxalement en sa faveur — un afflux inattendu de +5% de touristes internationaux avait déjà été observé en avril, au moment où plusieurs destinations de la région voyaient leur fréquentation s’effondrer. Même logique côté Iran : la fermeture temporaire du détroit d’Ormuz et les tensions avec les États-Unis ont provoqué des annulations de vols en cascade ailleurs, au bénéfice indirect des destinations jugées stables comme l’Espagne.

Le tourisme est aussi devenu un instrument de pression politique à part entière : les sanctions américaines contre Cuba, dont le tourisme est la principale source de revenus, ont vidé l’île de ses visiteurs étrangers et provoqué le retrait des chaînes hôtelières espagnoles du pays. La Chine, de son côté, pousse la logique encore plus loin avec son statut de « Destination Autorisée », un outil diplomatique qui permet à Pékin de décider unilatéralement quels pays ses 1,4 milliard de citoyens ont le droit de visiter.



🇬🇧 Before booking a flight, more and more travellers are checking — consciously or not — the map of global conflicts. And Spain is a direct beneficiary: along the Costa Blanca, in Benidorm, Moraira and Calpe, the visitor profile has shifted noticeably in recent seasons, with a growing influx of Polish tourists and others from countries bordering Ukraine, contrasting with the decline of the Russian market, hit by diplomatic isolation and sanctions. Seven EU countries have already asked the European Commission for specific measures to support tourism in eastern border regions, held back by the proximity of the war.

Spain, meanwhile, keeps attracting visitors: the world’s second most-visited country after France, with nearly 97 million arrivals last year and a trajectory that could cross the 100-million mark this year. Middle East tensions are, paradoxically, working in its favour — an unexpected 5% jump in international tourists was already recorded in April, just as several destinations in the region saw visitor numbers collapse. The same logic applies to Iran: the temporary closure of the Strait of Hormuz and tensions with the US triggered a wave of flight cancellations elsewhere, indirectly benefiting destinations seen as stable, like Spain.

Tourism has also become a full-fledged tool of political pressure: US sanctions on Cuba, whose main source of income is tourism, have emptied the island of foreign visitors and pushed Spanish hotel chains to pull out of the country. China takes the logic even further with its « Approved Destination Status, » a diplomatic tool that lets Beijing unilaterally decide which countries its 1.4 billion citizens are allowed to visit.

Source :  RTVE Notícias