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⚠️ 🇫🇷 Rome suspend Schengen avec l’Espagne, Madrid réplique : l’Europe sous tension
⚠️ 🇬🇧 Rome Suspends Schengen With Spain, Madrid Retaliates: Europe on Edge


🇫🇷 Tout part de Ceuta, l’enclave espagnole enclavée au Maroc : le 30 juillet, un afflux massif — jusqu’à 60 000 personnes selon certaines estimations, dont beaucoup arrivées à la nage — a submergé les barrières de la ville en une seule journée, un chiffre équivalent à plus de la moitié de sa population. Le déclencheur immédiat serait une décision de la Cour suprême espagnole interdisant les renvois immédiats (« devoluciones en caliente ») des personnes arrivant à la nage. En moins de 48 heures, l’immense majorité — plus de 48 300 sur environ 50 000 — était repartie, volontairement ou via des accords de rapatriement accélérés avec le Maroc. Le bilan humain reste lourd : au moins 84 morts pendant la traversée.

Face à cette crise, 22 pays de l’UE ont réclamé une réponse coordonnée. Mais c’est la décision italienne qui a mis le feu aux poudres : le gouvernement Meloni a suspendu, du 1er août au 1er septembre, l’accord de Schengen avec l’Espagne, rétablissant des contrôles aux frontières intérieures — une mesure permise par les traités européens en cas de menace sécuritaire, mais que Madrid juge « injuste, contraire aux intérêts de l’UE et discriminatoire ». Le gouvernement espagnol a d’abord posé un ultimatum (« rectifiez avant dimanche 9 août »), rejeté catégoriquement par Rome (« l’Italie n’accepte aucun ultimatum »). En représailles, l’Espagne a rétabli à son tour ses propres contrôles frontaliers envers les voyageurs venus d’Italie.

Les deux camps ne manquent pas d’arguments. L’Italie invoque des risques sécuritaires et le spectre d’une nouvelle vague migratoire, la ministre de l’Intérieur promettant une révision de la mesure « après le 15 août ». L’Espagne, elle, rappelle que Ceuta n’appartient pas techniquement à l’espace Schengen et que son taux d’entrées irrégulières reste, selon Frontex, deux fois inférieur à celui de l’Italie sur la période 2021-2026. Un chercheur en politiques migratoires interrogé par Euronews estime pour sa part que la mesure italienne relève surtout d’un « geste symbolique », pensé en vue des élections italiennes de l’an prochain plutôt que d’un calcul sécuritaire concret.



🇬🇧 It all started in Ceuta, Spain’s exclave nestled inside Morocco: on July 30, a massive influx — up to 60,000 people by some estimates, many swimming across — overwhelmed the city’s barriers in a single day, a number equivalent to more than half its population. The immediate trigger appears to be a Spanish Supreme Court ruling banning immediate returns (« devoluciones en caliente ») of people arriving by swimming. Within 48 hours, the vast majority — more than 48,300 of roughly 50,000 — had left again, either voluntarily or through fast-tracked repatriation deals with Morocco. The human toll remains heavy: at least 84 people died during the crossing.

Facing the crisis, 22 EU countries called for a coordinated response. But it was Italy’s move that lit the fuse: the Meloni government suspended the Schengen agreement with Spain from August 1 to September 1, reinstating internal border checks — a measure the EU treaties allow in cases of security threat, but which Madrid calls « unjust, contrary to EU interests and discriminatory. » The Spanish government first issued an ultimatum (« rectify by Sunday, August 9 »), flatly rejected by Rome (« Italy accepts no ultimatums »). In retaliation, Spain reinstated its own border checks on travellers arriving from Italy.

Neither side is short on arguments. Italy points to security risks and the spectre of a new migration wave, with its interior minister promising a review of the measure « after August 15. » Spain, for its part, notes that Ceuta isn’t technically part of the Schengen area and that its rate of irregular entries remains, per Frontex, half that of Italy’s over the 2021-2026 period. One migration policy researcher interviewed by Euronews argues the Italian measure is mostly a « symbolic gesture, » aimed more at next year’s Italian elections than any concrete security calculation.

Source :  ANSA / Euronews Italia